📰 J1 : XV de la Banane vs Oval’mines

Samedi 10 octobre 2026 – Victoire 10–6

Il y a des dettes qu’on n’oublie pas.

Celle-ci dormait depuis un an, rangée au fond du sac avec les protège-dents moisis et les chaussettes solidifiées.
(Vous vous rappelez ? Janvier 2026. 9h. Terrain en terre. 12–7, et cette dernière action partie de nos 22, soixante mètres de pick and go avalés pour rien, avec un ballon arraché dans un ruck à la dernière seconde… Pas de pot me direz vous, si ce n’est celle sur laquelle Oval’Mines avait glissé)

Samedi 10 octobre, on les retrouvait. Mais ce n’était plus tout à fait les mêmes.

🎙️ « Attends, c’est bien eux ? »

Oui. Et non.

Le XV de la Banane est revenu grandi. Dans tous les sens. Équipe refaite, gabarits qui bouchent l’horizon, du monde sur le banc, du monde au coaching. On attendait des bananes, on a trouvé des régimes entiers, bien mûrs, bien lourds. De quoi nourrir plus d’un singe affamé. Mais ça tombe bien, parce que comme vous nous avez peut-être déjà entendu le dire, on avait des cro-co-diles, et des o-rang-ou-tangs.

Le plan reste donc inchangé : on pose notre jeu, aussi simple que nous, et on va marquer.

⏱️ Première période

Après les premières politesses habituelles propres à ce sport, dans un match qui s’annonce tout en vitesse et en finesse, Oval’mines, en bon hôte de ces bois, se sent d’humeur généreuse et offre aux visiteurs un premier cadeau : 9e minute, pénalité pour la Banane, pile dans l’axe. Leur buteur ajuste, respire… inspire à nouveau, expire… se gratte la cuisse… s’élance… et la rate. Merci, très fair-play, on prend.

Tellement fair-play que les visiteurs se permettent d’aller à la faute à leur tour. De quoi, pour Oval’mines, y voir un peu plus clair.
Pendant que l’équipe, à l’image du sud, semble se roder, à l’autre bout du terrain, Guillaume Rochatte plante malgré le terrain synthétique une pénalité propre. 3–0 Oval’Mines. Trèves de politesses.

On a dit simple, et il semblerait que la consigne ait été comprise de la même façon par nos 15 bleus (par personne) et blancs : pour endiguer un bananier, faut taper fort et faire tomber. A l’image de Bourriche, qui, bien que replacé en 10 cette année, semble croire toujours jouer 3e ligne : amoureux du chocolat contre les bananes, il se fait retourner telle les crêpes qu’il affectionne tant. Une arcade, un bout de scotch, un bandage vaguement hygiénique posé par un soigneur plus doué en tractions qu’en chirurgie, et c’est reparti.

Mais les gros régimes, paradoxalement, ça finit par peser.
28e minute : après 20 minutes d’un jeu qui ressemble moins à du rugby qu’à un kit du parfait petit chimiste, édition tubes en tout genre, pénalité de la Banane. Et cette fois-ci, on se retiendra de charier, elle rentre. 3–3.
La 29e nous tend une main que notre avant-buteur ne saisit pas : sa pénalité file à côté. On peut pas être homme du match à chaque fois.

35e minute, nouvelle pénalité, sans jaune, pour les jaunes. 6–3 pour la Banane à la pause.

Trois points de retard. Et surtout, une évidence qui s’installe : aujourd’hui, se servir de sa tête, c’est de pas la mettre dans tous les rucks ou épaules qui passent. Alors on fera autrement.
En toute humidité et grâce à une remise en question sans faille, le coach nous fait grâce d’un de ses discours philosophique dont lui seul à le secret :

🎙️ « Bon les gars, j’avais dit que notre point fort c’était l’attaque, mais apparemment aujourd’hui c’est la défense. Donc comme je dis toujours, quand on a un jaune en main, on le lâche pas et on le descend » (la réalité a pu être romancée pour cause de licence 4 licence poétique)

⏱️ Deuxième période

C’est là que cette équipe a montré ce qu’elle avait dans le ventre.

Vague après vague, la Banane envoie ses gros dans la ligne, cherche la faille, le petit pas en arrière. Elle ne l’a pas trouvé. Les Mineurs plaquent bas, se relèvent, replaquent. Rideau bleu et blanc. On a défendu comme on respire ce jour-là : sans réfléchir, par réflexe, ensemble.

Et soudain, mais qu’est ce que c’est ? Une étoile filante ? Un rafale ? Attendez, j’aperçois un casque. Une mobylette ? La vitesse rend les détails flous, mais tous les spectateurs retiennent leur souffle en voyant cette interception sur une passe téléphonée dans nos 22.

La récompense porte un nom : Pierre Lasson. Lancé tel un T-max volé, il ne sera jamais rattrapé, malgré les cris désespérés d’un 15 jaune dépassé et désabusé, et aplatit entre les poteaux. Guillaume Rochatte transforme sans trembler. 59e minute.10–6 Oval’Mines.

On passe devant. Cette fois, on compte bien y rester.

La Banane s’arrache, pousse encore ses armoires. 72e minute, une pénalité pour revenir à un rien… ratée. Le poteau nous aime bien aujourd’hui.

🎙️ « Reste combien ? »

🎙️ « Assez pour faire une connerie. Et regarde Sport Easy connard »

Et comme de juste.

79e minute. Le match est quasiment plié, la tension à son comble, chaque ballon devient une bagarre de chiffonniers. Tom Espagne, fidèle à sa réputation de bucheron, trouve le moyen de récolter un carton blanc dans le money-time. Anti-jeu, un mot de trop, plaquage trop appuyé, trop d’envie, manque de lucidité, allez savoir. On ne lui en voudra pas longtemps : à ce moment-là, on avait déjà la banane, et lui aussi.

Coup de sifflet. Fin du match.

Score final : XV de la Banane 6 – 10 Oval’Mines

🧠 Ce qu’on en retient

  • Une revanche prise un an jour pour jour, enfin à une vache près, c’est pas une science exacte
  • Une Banane méconnaissable, plus grosse, plus nombreuse, et quand même renvoyée à l’expéditeur
  • Une défense qui a gagné le match à elle seule, soixante minutes à dire non
  • Une Pierre qui roule fait couler la mousse

  • Le cardio ça fait chier à l’entraînement mais plaisir en match
  • Et Tom qui nous rappelle qu’on peut gagner un match et un carton dans la même minute

L’an dernier, on pensait que ça passerait tout seul, et ça n’était pas passé.

Cette fois, on n’a rien pris à la légère. On savait que ce serait dur, on a vu qu’on serait en dessous au physique, mais pas mentalement. On a joué le match qu’il fallait jouer : bas, serré, patient.

Les peaux de banane, ça glisse dans les deux sens.

La suite dira jusqu’où ce groupe peut tenir. Mais une chose est sûre : quand il décide de défendre, il ne lâche rien.